Rôles Modèles

On les oublie parfois quand on ne les présente pas comme de précieuses exceptions. Le fait est là : les femmes ont très tôt joué un rôle décisif dans le secteur numérique. Très présentes dans les études d’informatique jusque dans les années 1980, leur nombre dans les écoles d’ingénieurs et dans les métiers techniques du numérique tend désormais à stagner quand il ne décroît pas. Pourtant les femmes numériques d’aujourd’hui sont plutôt bien dans leurs baskets et se voient avant tout comme des professionnelles épanouies, heureuses de manier la technologie. 98 % des étudiantes du numérique prévoient ainsi d’exercer un métier qui les passionnera*. Alors qu’est-ce qu’on attend ?

Petite rencontre avec les pionnières des XIX et XXe siècles qui nous montrent la voie. Avec nos contemporaines aussi, devenues « role models » (ou rôles modèles) sans le vouloir ou par vocation, avec l’objectif de développer la mixité dans un secteur porteur d’emplois et de beaux projets qui peuvent changer le monde (mais pas sans les femmes !).

N’hésitez pas à nous écrire pour nous proposer des parcours à valoriser sur cette page !

Et retrouvez plus d’infos sur les acteurs et actions dans les autres pages de cette rubrique.

 

Les pionnières

Ada Lovelace pionnière du numérique

Ada Lovelace (1815-1852) : le programme informatique

Ada était la fille du poète Lord Byron qu’elle a très peu connu. Elle a été élevée par sa mère, passionnée de mathématiques et de sciences. Elle rencontre de grands chercheurs (hommes et femmes) de l’époque et notamment Charles Babbage dont la machine à calculs la fascine. Elle a 17 ans. Plus tard, devenue mère, elle retourne à ses études mathématiques avec l’aide du mathématicien Auguste de Morgan. En 1842, Charles Babbage lui confie la traduction depuis le français d’un article sur sa machine. Ada l’enrichit de notes explicatives. L’une d’entre elles comporte un algorithme très détaillé permettant de calculer à l’aide de la machine une suite de nombre rationnels (appelés « nombres de Bernoulli »). Le programme ainsi composé est considéré comme le premier programme informatique au monde.

Hedy Lamarr pionnière dans le numérique

Hedy Lamarr (1914 – 2000) : l’ancêtre du wifi

Sois belle et … invente. Les débuts cinématographiques d’Hedy ont lieu à Vienne en Autriche lorsqu’elle a 16 ans. On la connaît surtout comme l’une des Stars de la MGM (grand studio de cinéma hollywoodien). Pourtant sans elle, la seconde guerre mondiale aurait pu prendre un autre tour et vos téléphones portables ne seraient peut-être pas ce qu’ils sont. Pourquoi ? Au début des années 1941, elle a inventé, avec le compositeur de musique George Antheil, un système de communication permettant aux torpilles sous-marines de changer de fréquence sans être repérées. La technologie a également été utilisée par la suite pour communiquer avec les navettes spatiales, dans les mobiles et le wifi.

La dessinatrice et scénatrice de BD Pénélope Bagieu a croqué un portrait très sympa d’Hedy Lamarr que l’on peut retrouver sur le blog qu’elle a tenu sur le Monde.

© MGM/Clarence Bull/Wikimedia Commons/CC

Joyce Weisbecker (1958) : première professionnelle des jeux vidéos indépendants

À 16 ans, Joyce a déjà conçu et développé deux jeux vidéos ! En 1976, alors que les consoles de jeu programmables viennent à peine de sortir, elle gagne ses premiers dollars en proposant à la société RCA des jeux qui font preuve d’une grande créativité : quiz pour deux joueurs, jeux d’action (course de voiture ou jeu du chat et de la souris).  Évidemment à l’époque l’écran entier faisait 32 pixels par 32 pixels (l’équivalent de deux icônes Windows), un vrai défi … Il faut dire que son père est ingénieur et fabrique à la maison son propre ordinateur. Alors pourquoi pas elle ? Quand on lui demande de se définir, Joyce se présente comme une pionnière de la programmation de jeux vidéos indépendants. Elle est en effet la première femme professionnelle dans ce domaine. Devenue Ingénieure radar après l’échec de la console Studio II, dépassée par le succès d’Atari, elle n’exclurait pas aujourd’hui de revenir à ses premières passions en se lançant dans la programmation de jeux vidéos narratifs.

Et bien d’autres encore !

Nous vous avons raconté trois parcours, nous aurions pu en évoquer d’autres tout aussi emblématiques telles que ceux des informaticiennes Grace Hopper, inventeuse du compilateur, un programme qui facilite le dialogue homme-machine et a révolutionné le code informatique ou Margaret Hamilton, créatrice des logiciels embarqués qui ont permis la navigation et l’atterrissage sur la Lune de la navette Apollo. D’ailleurs aujourd’hui des prix sont remis en leur hommage : le Grace Murray Hopper Award et les Margaret.

Nous aurions pu également vous parler de Roberta Williams, conceptrice de jeux vidéos qui a créé le premier jeu d’aventure graphique, Mystery House.

 

Role Models et Rôles Modèles aujourd’hui

Elles sont venues d’un cursus scientifique comme Aurélie Jean (35 ans), docteur en sciences, scientifique numéricienne et reine du code ou Alice Comble (26 ans), ingénieure et fondatrice de GreenMinded, une startup qui a créé une borne connectée et intelligente de collecte des mégots, premier déchet mondial. Mais elles peuvent être dotées d’un profil plus littéraire comme Philippine Dolbeau (18 ans), créatrice, alors qu’elle est encore au lycée, de la startup NewSchool (application pour faciliter l’appel des élèves en classe). Une approche économique ou du monde des affaires vient aussi parfois s’en mêler comme chez Roxanne Varza (33 ans), la directrice de Station F, incubateur de startups, … : les « rôles modèles » du numérique ne sont pas une. Mais vous non plus !

 

Rencontre avec …

Nous vous proposerons régulièrement ici un témoignage vidéo choisi pour vous faire rencontrer ces personnalités inspirantes. Ici Aurélie Jean, interviewée en 2016 par nos partenaires de Syntec Numérique sur l’événement le Day-Click.

Story

* Source étude Gender Scan – Numérique 2017