Rémi, salarié & élève ingénieur en informatique

“Avec l’alternance, je m’assume, je progresse humainement et technologiquement”

Début d’après-midi dans le Showroom de l’entreprise : larges ouvertures sur l’extérieur, ambiance studieuse et cosy, un petit groupe en plein brainstorming, des écrans sur lesquels sont présentés les derniers projets innovants ... Plus loin, on entend un discours et des applaudissements. Rémi nous attend, l’air sérieux et légèrement interrogatif. À 22 ans à peine, l’élève ingénieur en informatique, en alternance à l’Ensiie (École nationale supérieure d’informatique pour l’industrie et l’entreprise) et, depuis 18 mois, chez Capgemini (grande entreprise du secteur du conseil IT*), semble déjà parfaitement dans son élément.

Il y a quelques mois, Talents du Numérique a lancé, avec l'aide de ses écoles et entreprises membres et de ses partenaires, une "collection" de portraits intitulée #UniversNum.

Étudiants, professionnels, enseignants, acteurs de l'Éducation numérique : autant de rencontres à venir pour découvrir, de manière très vivante, les différents aspects et évolutions de ce secteur.

 

Comment es-tu venu à l’informatique ?

Un essai concluant !

« J’ai fait une terminale S option SVT. J’envisageais le secteur du numérique, j’avais aussi pensé à devenir ophtalmo. Mais je ne me voyais pas faire 10 ans d’études. Après le lycée, il y a ceux qui se sentent déjà une vocation, ceux qui se calent sur le modèle de leurs parents et ceux qui vont « essayer » des choses ». Rémi part donc en DUT d’informatique. « Le développement, la conception logicielle et la sécurité réseaux m’ont tout de suite plu. On faisait pas mal de TP, d’expériences ».

Du DUT à l'école d'ingénieur.e.s : motivé !

Après le DUT, arrivé en L3 (niveau licence), Rémi rejoint l’ENSIIE, une école du réseau Mines Télécom, découverte sur un salon pour les étudiants. On lui demande si le gap n’a pas été trop difficile entre les deux univers : « Il faut être motivé, le classement en fin de DUT compte beaucoup (c’est pareil pour les élèves issus de BTS d’ailleurs) tout comme le niveau en maths, en informatique et en anglais ». Logique puisque qu’il faut obtenir au moins 785 au TOEIC* pour valider son diplôme d’ingénieur. Il y a une certaine continuité néanmoins. « En DUT on nous demande d’être polyvalents. Ça tombe bien : en école d’ingénieurs, s’il y a beaucoup de matières liées aux maths (la partie la moins amusante pour moi ! ;-)), on étudie aussi un peu l’économie et beaucoup le droit de l’informatique. C’est intéressant quand on pense à l’avenir : pour connaître ses droits bien sûr mais aussi pour monter une startup ou, tout simplement, pour apporter un plus aux clients avec lesquels on va travailler ».

Le choix de l’alternance, une découverte tardive

L’alternance, c’est une découverte tardive pour Rémi. « J’aurais pu faire ma deuxième année de DUT en apprentissage mais je voulais rester à la fac avec les amis, je manquais sans doute d’information sur tout ce que cela apportait ».

L’occasion de premières expériences professionnelles

Première rencontre avec le travail pour Rémi à l’occasion de son stage de fin de DUT dans une société de métrologie qui réalise des prestations dans le domaine de la production du froid. Il était le seul informaticien. « Mon tuteur était ingénieur en métrologie mais cherchait à construire un logiciel pour récupérer les données prélevées et les comparer à des témoins. J’ai pu lui proposer de nouvelles fonctionnalités, intégrer des améliorations au projet. Pour cela, j’ai dû aussi apprendre un nouveau langage informatique, plus proche de celui des physiciens que ceux enseignés à l’école. C’est important de savoir se former, seul, pour être opérationnel le plus vite possible : quand on est ingénieur, il ne faut pas s’attendre à toujours rester dans sa zone de confort. La capacité d’adaptation est une compétence clé ».
Après son stage de fin de DUT, sa décision est prise. Aujourd’hui il alterne 3 jours en entreprise pour 2 jours à l’école.

L’alternance, pour progresser technologiquement et humainement à chaque nouveau projet


Rémi a fait le choix de changer d’entreprise en entrant en école d’ingénieurs. Il y a dix-huit mois, il a intégré Capgemini, une ESN*, dont la mission est d’accompagner ses clients dans leur transformation digitale. « Le premier dossier que j’ai suivi m’a permis de découvrir le secteur de l’énergie et de creuser les technologies liées aux web services. Notre mission ? Développer ces derniers, les tester et les mettre en place pour permettre aux différents départements de la structure d’échanger des données. Là, j’ai aussi appris à utiliser le langage particulier WebMethods ». Toute autre direction pour sa mission actuelle qui l’amène à développer un intranet pour le service finances d’une grande société. « Je manie une technologie très utilisée, recherchée des employeurs, JAVA EE, et son écosystème. Pour moi c’est vraiment un plus : en école on reste sur du théorique, des applications assez académiques. En entreprise on en utilise toutes les potentialités ! ».

Une expérience marquante : le projet App-elles, une appli solidaire pour lutter contre les violences


Entre deux missions, Rémi rejoint « La Ruche », un accélérateur de talents mis en place par son employeur, qui permet de monter en compétences tout en participant à la réalisation de projets alternatifs. « App-elles est une application qui contribue à prévenir les secours quand une personne, une femme ou une fille notamment, est en danger. Ce qui m’a plu dans ce projet : savoir que j’allais aider des gens, le fait de travailler sur une application que ma famille et moi-même pouvions télécharger. Mais aussi la technologie : je ne connaissais le développement sous android que de loin, cela faisait un moment que je voulais m’y lancer. Petite fierté enfin : App-elles a été présentée au CES de Las Vegas [LE salon mondial de la high-tech] en janvier dernier ».

 

D’un point de vue pratique, ça marche comment ?

Trouver une entreprise, pas si dur !

« Dans la plupart des établissements où j’ai postulé, un système était mis en place pour aider les élèves à trouver une entreprise. Dans mon école, une personne affiliée au CFA* nous a accompagnés dans nos démarches : pour rédiger des lettres, notre CV ou nous préparer à un entretien. Parallèlement, l’école diffusait nos CV auprès de ses partenaires du monde de l’entreprise. D’ailleurs j’ai encore reçu des appels après avoir accepté l’offre de l’entreprise dans laquelle je travaille aujourd’hui ! »

Être alternant, c’est être un vrai salarié

« L’alternance c’est rentrer dans le vif du sujet. J’ai trouvé ça plaisant : on intègre une équipe, on augmente son portefeuille de connaissances à chaque mission. Ici, je peux travailler sur des projets différents, plusieurs types de technologies. Et il est toujours possible d’aller voir un collègue pour se faire dépanner sur une tâche qu’on aurait plus de mal à mener, comme cela peut arriver à n’importe quel autre collaborateur finalement !
Juridiquement parlant, on est régi par le code du travail : quand on va en cours, on est considéré comme un salarié en formation et l’on continue d’apprendre en entreprise ».

 

Et après ? Comment vois-tu ton futur ?

« D’ici deux ans : ayant eu mon diplôme et en CDI chez Capgemini ;-). Dans une ESN*, il ne faut pas avoir peur de bouger et c’est passionnant. Dans cinq ans, je ne sais pas encore : il y a beaucoup de possibilités ». Et dans dix ans ? Rémi sourit, l’ambiance devient mystérieuse. « Pourquoi pas monter ma startup ? Mais attention, c’est un peu secret tout de même. Je resterai dans le domaine du numérique, pas uniquement de l’informatique. Les mots robotique et cybersécurité seront sans doute de la partie. J’ai un peu vu ces sujets en DUT et en école d’ingénieurs. Tout évolue très vite en cybersécurité : vous mettez une politique de protection en place, des gens parviennent à s’infiltrer, il faut renforcer le dispositif. C’est un défi permanent, le côté enquête policière me plaît aussi ».

 

LA ? BONUS : Quels conseils donnerais-tu à des jeunes, filles ou garçons qui viendraient te voir sur un salon ?

« Si ils ou elles aiment les défis, s’ils ont une affinité avec les sciences ; s’ils cherchent volontiers des solutions par eux-mêmes, s’ils trouvent intéressantes les perspectives offertes par les évolutions technologiques : qu’ils rejoignent le numérique ! Et surtout, qu’ils n’hésitent pas à choisir l’alternance. En faisant bien attention au rythme école/entreprise : il varie selon les établissements et peut être incompatible avec le poste visé. Mais une chose est sûre, 3 ans d’alternance, c’est 3 ans d’expérience en plus. Ça compte dans un parcours professionnel, ça fait mûrir. C’est aussi l’occasion de vérifier très concrètement si le métier leur convient. Sans oublier le fait qu’on bénéficie des avantages d’un employé classique : salaire, congés payés, RTT, comité d’entreprise ... Et puis le temps passe vite, on ne s’ennuie pas, on teste les dernières technos, on rentre en contact avec des collègues de tous âges, qu’on apprend à tutoyer. Ça fait bizarre parfois mais on progresse. Tout en s’assumant financièrement ! »

 

Petit lexique

* CFA : Centre de formation d’apprentis, prépare à des diplômes allant du CAP jusqu’à des seconds et troisièmes cycles de l’enseignement supérieur

* ESN : Entreprise de services du numérique. Met à disposition de ses clients des collaborateurs experts, pour accompagner des projets liés aux nouvelles technologies et à l’informatique. Autrefois également appelées SSII (ou SS2I)

* IT : Technologies de l’information - comprennent notamment le secteur informatique

* TOEIC : Test of English for International Communication. Test standardisé, reconnu à l’international qui évalue le niveau (écrit et oral) en anglais.

Crédits

Photo : DR / Icônes : The Noun Project
Page 1 : investigate by Jenie Tomboc / CV by Vectors Market Page 2 : investigation by Rflor

En savoir +

https://www.capgemini.com/fr-fr/carrieres/
http://www.ensiie.fr

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Portrait Remi Kebaili

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